Fédération générale des PEP

Les PEP : 100 ans d’actions et d’innovations sociales

L’œuvre des Pupilles de l’Enseignement Public (PEP) a été créée en 1915 par des universitaires, entourés d’enseignants et amis de l’école publique, dans le but d'aider matériellement et moralement les orphelins et les victimes de guerre, puis les enfants de mutilés et réformés, fréquentant ou ayant fréquenté l’école publique : c’est l’époque du fameux  « sous des pupilles ».

Cette œuvre se définit dès son origine comme œuvre de secours et d’assistance mais aussi d’éducation : éducation à la solidarité, éducation par la solidarité.



Edition du tome 2 de l'Histoire des PEP

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A l'occasion de son centenaire, la FGPEP édite le second tome de l'histoire des PEP.

Intitulé " Tome 2 - 1940 - 1974 A la croisée du plein air et de l'enfance inadaptée", il a été rédigé par l'historien Mathias Gardet, préfacée par Jean-Pierre Villain - Président de la FGPEP.

Les années de la Libération et de la Reconstruction sont des moments d’effervescence pour le ministère de l’Éducation nationale. Il espère rétablir l’idéal laïque de l’école publique et reconquérir une partie de ses prérogatives dans le domaine de l’éducation des enfants déficients.

C’est aussi une période d’intense mobilisation des instituteurs qui, après avoir constitué leur force militante, cherchent à se repositionner sur l’avant-scène politique et continuent à défendre leur rôle d’éducateur au sens large du terme, une fonction pivot qu’ils entendent articuler à partir de l’école, et au-delà. Ils veulent être présents dans les temps non
scolaires, en investissant massivement les nouvelles fonctions de moniteurs ou de directeurs de colonies de vacances ; ils revendiquent leur place dans les domaines plus spécifiques tel celui de l’enfance inadaptée, et la reconnaissance de leurs compétences et de leur spécialisation, faisant ainsi le rendant aux nouvelles professions du social.

De par son expérience, le mouvement des Pep se trouve au carrefour des nouvelles politiques Jeunesse, tant dans le domaine des loisirs que de la protection sociale, et devient un des piliers du second front laïque qui se constitue dans les années 1950.

Malgré ses proximités avec le ministère de l’Éducation nationale, la Fédération des Pep continue, comme elle l’avait fait dans le cas des orphelins de la première guerre puis de la croisade sanitaire de l’entre-deux-guerres, à faire un pas de côté, en se positionnant clairement comme une initiative privée, dans un domaine périscolaire, voire extra-scolaire.

Plutôt que de renforcer les dispositifs de l’enseignement spécialisé existants, elle incite ses associations départementales à créer et à gérer directement des équipements qui se veulent complémentaires, mais dans des secteurs où l’empreinte et la culture scolaire sont quasi inexistantes. Ce sera le cas des Maisons d’enfants à caractère social, des Instituts médicopédagogiques, puis des Centres médico-psycho-pédagogiques que le mouvement encourage, en les adaptant à sa conception particulière du pédagogico-médical, à fonder. 


Mathias GARDET 

Mathias Gardet est historien, professeur en sciences de l’éducation à l’université de Paris 8 CIRCEFT.

Léon Bourgeois - Président des PEP

Léon Bourgeois (1851-1925) a été parlementaire, ministre, président du Conseil, et prix Nobel de la paix. Il fut le père de la société des nations, l’ancêtre de l’Onu et, on le sait moins, président des PEP. Il tenta, au plan de la recherche déologique et philosophique, de trouver une troisième voie entre le libéralisme et le socialisme, élaborant ainsi ce qui constitua le solidarisme. A l’occasion de notre centenaire, nous publions ici un large extrait de sa réflexion sur le sujet.

Entre l’économie politique classique et les systèmes socialistes, une opinion s’est formée lentement. Non pas intermédiaire mais supérieure ; une opinion conçue d’un point de vue plus élevé d’où la lumière se distribue plus également et plus loin. Ce n’est l’oeuvre de personne en particulier et c’est l’oeuvre de tout le monde.

Il y a là, une manière de penser générale dont on trouve la trace un peu partout, chez les lettrés comme chez les politiques, dans les oeuvres écrites des philosophes, comme dans les oeuvres vécues des hommes d’Etat, dans les institutions privées et dans les lois, aussi bien dans les peuples latins que chez les Anglo-saxons ou les Germains, aussi bien dans les Etats monarchiques que dans les démocraties républicaines. Cette doctrine n’a pas reçu d’emblée un de ces noms éclatants qui s’imposent d’abord, comme si leurs syllabes même contenaient la solution des problèmes.

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Mais pour tous, au fond, et sous des noms divers, la doctrine est la même elle se ramène clairement à cette pensée fondamentale : il y a entre chacun des individus et tous les autres un lien nécessaire de solidarité. C’est l’étude exacte des causes, des conditions et des limites de cette solidarité qui seule pourra donner la mesure des droits et des devoirs de chacun envers tous et de tous envers chacun et qui assurera les conclusions scientifi ques et morales du problème social. D’où peut venir vers une même pensée, le consentement d’esprits si divers ? On dirait, contre les barrières des systèmes trop étroits, la conspiration d’une poussée universelle. C’est que cette notion de solidarité sociale est la résultante de forces longtemps étrangères l’une à l’autre, aujourd’hui rapprochées et combinées chez toutes les nations parvenues à un degré d’évolution supérieure : la méthode scientifi que et l’idée morale.

Elle est le fruit du double mouvement des esprits et des consciences qui forment la trame profonde des évènements de notre siècle. C’est donc à des causes très générales et très profondes que ce qu’on commence déjà à appeler le mouvement solidariste doit son origine et sa forte croissance. Philosophiquement, l’homme est libre ; l’Etat doit se  borner à lui garantir l’exercice de cette liberté dans la lutte pour l’existence qui d’ailleurs est la source et la condition de tout progrés. Quand l’Etat a pris des mesures nécessaires pour défendre la liberté, et la propriété de chacun contre les entreprises et les empiétements, il a accompli tout son devoir et épuisé tout son droit. La thèse d’indifférence des  économistes n’est au fond que la justification des excès de la force ; dans la libre lutte pour l’existence : le fort détruit le faible. C’est le spectacle que nous offre l’indifférente nature. L’Etat dont la raison d’être est d’établir la justice entre les hommes a donc le droit, et conséquent, le devoir d’intervenir pour établir l’équilibre. L’égoïsme humain ne pouvant être vaincu que par l’autorité, il imposera, au besoin par la force, la règle de justice et assurera ainsi à chacun sa part légitime.

Vérité scientifique et vérité morale : c’est en effet, avons-nous dit, par l’étroit accord de la méthode scientifique et de l’idée morale que le renouvellement des conceptions sociales se prépare et s’accomplira. Il n’est pas de pouvoir  politique assez puissant pour décréter la bonne et la mauvaise fortune, parce qu’il n’en est pas qui puisse décréter la santé ou la maladie, l’intelligence ou la déraison, la paresse ou l’énergie, l’esprit d’ordre ou de prodigalité, la prévoyance ou l’insouciance, l’égoïsme ou le désintéressement. 

L’homme n’est pas seulement une intelligence qui, par la science s’explique la nature : il est en même temps une conscience. Etre de raison, il cherche le vrai ; être de  conscience, il cherche le bien. Ce bien, il se sent obligé de le réaliser, et en lui-même (c’est la morale individuelle) et entre les autres êtres de raison et de conscience semblables à lui, c’est la morale sociale. C’est ainsi que désormais le problème est posé. La société ne peut rester indifférente au jeu fatal des phénomènes économiques.

Certes, elle ne peut refaire le monde, elle prétend point modifi er dans leur enchaînement, les causes et les effets, aussi nécessaires dans cet ordre que dans tout autre. Mais les forces psychiques, historiques économiques dont l’intelligence de l’homme a découvert les ressors, elle entend les asservir comme ont été asservies les autres forces naturelles, les mettre aux ordres de l’idée morale. Ainsi se trouvent réunies les deux conditions du problème.

La raison guidée par la science,  détermines les lois inévitables de l’action ; la volonté entraînée par le sentiment moral, entreprend cette action. Le bien ne peut être réalisé que par le vrai mais le vrai n’a de prix que pour la réalisation du bien. La réalisation du bien (c’est-à-dire la satisfaction du sentiment moral) dans les conditions du vrai (c’est-à-dire avec l’approbation de la raison) : l’équation est ainsi définitivement posée. La doctrine de la solidarité en donne-telle la solution ? 


Revue Solidaires spéciale centenaire

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La revue Solidaires Solidaires n°53 est parue :  

1915 - 2015 : 100 ANS D'INNOVATIONS en réponse aux besoins sociaux et éducatifs


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